jeudi 30 avril 2009

Vocabulaire - de la guerre froide au monde d'aujourd'hui

Vocabulaire
Casques Bleus : Force multinationale d’interposition, composée de soldats mis à la disposition de l’ONU par les Etats membres
Coexistence pacifique : doctrine soviétique formulée par Khrouchtchev en 1956 selon laquelle l’URSS et les Etats-Unis doivent cohabiter pour éviter un conflit nucléaire.
Colonie : territoire annexé et administré par un autre Etat qui l’exploite à son profit (l’Algérie était une colonie de la France, l’Inde une colonie de la Grande Bretagne).
Décolonisation : processus qui aboutit à l’indépendance des pays colonisés. Elle peut se faire de manière négociée (= pacifique) ou après une guerre d’indépendance.
Démocratie populaire : régime des pays d’Europe de l’Est communistes intégrés au bloc soviétique pendant la guerre froide.
Détente : période de la guerre froide, qui commence vers 1962 et qui voit les relations entre les deux blocs s’améliorer (téléphone rouge, accords de désarmements SALT).



Carte des pays de l'OTAN (2009)

 














OTAN : Organisation du traité de l’Atlantique nord créée dans le contexte de la guerre froide regroupant les alliés des Etats-Unis.

Drapeau de l'OTAN





























Pacte de Varsovie
: Alliance militaire entre l’URSS et les pays du Bloc de l’Est, créée en 1955. Elle disparaît en 1991.
Perestroïka : politique de réformes lancées par Gorbatchev en 1985 pour sortir l’URSS de la crise (l’autre volet de cette politique étant la Glasnost ou « transparence »).



Timbre de 1975 commémorant les 20 ans du pacte de Varsovie






vendredi 24 avril 2009

Devoir - L'Europe sous la domination nazie

DOCUMENTS

Anne Frank, jeune juive allemande dont la famille s'est réfugiée aux Pays-Bas, est arrêtée par les Allemands le 4 août 1944, dans son logement d'Amsterdam où la famille se dissimulait depuis 1942. Elle meurt en déportation avec sa soeur Margot au camp de Bergen-Belsen en mars 1945, peu de temps après sa mère Edith, décédé en janvier 1945, au camp d'Auschwitz.
Son père, ancien officier décoré de l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale, et qui avait du fuir son pays, avec sa famille, en 1934, sera le seul à survivre et publiera après la guerre le journal d'Anne Frank, rédigé sur un petit carnet qu'Anne Frank appelait Kitty.

Document 1 : Le témoignage d'une adolescente

Mercredi 13 janvier 1943 Chère Kitty,"[...] La terreur règne sur la ville. Nuit et jour, ces pauvres gens(1) sont emmenés de force, sans autre bagage qu'un sac à dos et un peu d'argent. [...] On sépare les familles, en groupant hommes, femmes, enfants. Les enfants rentrant de l'école ne retrouvent plus leurs parents. [...] Les chrétiens hollandais sont également touchés, leurs fils étant envoyés obligatoirement en Allemagne. Tout le monde a peur. Des centaines d'avions survolent la Hollande pour bombarder et mettre en ruine les villes allemandes ; et à chaque heure, des centaines d'hommes meurent en Russie et en Afrique du Nord".

Jeudi 25 mai 1944 Chère Kitty,"[...] Ce matin notre marchand de légumes a été arrêté - il avait caché deux juifs chez lui. Le monde est sans dessus dessous ; des gens convenables sont envoyés dans les camps de concentration, dans les prisons [...] L'un se fait pincer pour marché noir, un autre pour avoir abrité des juifs ou des résistants : celui qui n'est pas en contact avec la N.S.B.(2) ne sait jamais ce qui arrivera demain".

Extraits du Journal d'Anne Frank(3) écrit de 1942 à 1944 : Livre de Poche, 1980.

(1) les Juifs
(2) civils au service de la Gestapo, les indicateurs
(3) jeune juive allemande réfugiée au Pays-Bas, arrêtée et déportée dans un camp où elle meurt en 1945, à 15 ans.
Document 2 : Affiche de la Croix Rouge française, 1943Document 3 : Un acte de sabotage de la Résistance












QUESTIONS

Question 1: (document 1) - Relever dans ce témoignage les expressions qui montrent :
a) que les Juifs sont persécutés par les forces d'occupation allemande. (3 réponses attendues)
b) que les civils allemands vivent aussi dans la terreur.

Question 2 : (document 2) -A quels problèmes de la vie quotidienne, ce document fait-il allusion? Justifier votre réponse
Question 3 : (documents 1 et 3) - Quelles actions montrent que certains civils refusent la domination nazie ?


PARAGRAPHE ARGUMENTE
A partir des informations tirées des documents et en vous aidant de vos connaissances, vous rédigerez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes montrant que les populations civiles sont diversement confrontées à la deuxième guerre mondiale.

Corrigé

Question 1: (document 1) - Relever dans ce témoignage les expressions qui montrent :
a) que les Juifs sont persécutés par les forces d'occupation allemande. (3 réponses attendues)
« Ces pauvres gens sont emmenés de force … On sépare les familles… les enfants rentrant de l’école ne retrouvent plus leurs parents. »

b) que les civils allemands vivent aussi dans la terreur.
« Des centaines d'avions survolent la Hollande pour bombarder et mettre en ruine les villes allemandes. »

Question 2 : (document 2) -A quels problèmes de la vie quotidienne, ce document fait-il allusion? Justifier votre réponse.
Ce document fait allusion aux pénuries alimentaires sous l’Occupation, aux difficultés de ravitaillement et au rationnement des populations civiles. Les éléments du document qui nous le montrent sont le texte de l’affiche (« Economisez le pain » par exemple et le ticket de rationnement sous le pain.

Question 3 : (documents 1 et 3) - Quelles actions montrent que certains civils refusent la domination nazie ?
D’après le document 1, les actions qui montrent que certains civils refusent la domination nazie sont la cache de juifs ou de résistants, et dans le document 3, les actes de sabotage des résistants.


PARAGRAPHE ARGUMENTE
A partir des informations tirées des documents et en vous aidant de vos connaissances, vous rédigerez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes montrant que les populations civiles sont diversement confrontées à la deuxième guerre mondiale.


Méthode
Plan : le sujet est difficile car il faut montrer ici que les populations civiles sont « diversement » confrontées à la deuxième guerre mondiale. Le thème du sujet de brevet étant « La vie sous l'occupation allemande dans l’Europe occupée », on se limitera à cette partie de l’Europe.
Le plan choisi ici est donc en deux parties :-
le cas particulier ici des populations soumises à la politique d’extermination du Reich : juifs et tziganes.
- le sort des autres habitants des pays occupés.

Paragraphe argumenté - corrigé

En 1942, l’Allemagne occupe la plus grande partie de l’Europe. Comment les populations civiles au sein des territoires sous contrôle allemand, ont-elles vécues cette période ?

A mesure que s’étendent les conquêtes allemandes, les populations juives, sont victimes de la politique antisémites des nazis et de leurs collaborateurs locaux. En Europe de l’Est, les juifs sont regroupés dans les ghettos, quartier où ils sont maintenus par la force. Beaucoup sont victimes des massacres commis par les SS et les Einsatzgruppen, commandos de tueurs qui suivent les forces de la Wehrmacht. Puis à la suite de la Conférence de Wansee, les juifs des ghettos puis de toute l’Europe ainsi que les tziganes sont déportés massivement vers les camps d’extermination de Pologne comme Auschwitz pour y être tués dans les chambres à gaz.

Dans les pays occupés, les populations subissent les difficultés de la vie quotidienne dues au réquisition allemande. Les pénuries de produits alimentaires se développent ainsi que le marché noir ce qui profite à certains. Des civils et des prisonniers de guerre sont réquisitionnés par le volontariat ou par la contrainte, pour travailler dans les usines allemandes. En France, le régime de Vichy crée le Service du Travail Obligatoire (STO) en 1942 dans ce but. Les forces allemandes d’occupations se heurtent aussi au développement de la résistance armée. Les Allemands répliquent par des exécutions massives d’otages ou par la déportation des opposants vers les camps de concentration. Enfin les populations civils subissent les bombardements des aviations alliés dans les zones de guerre ainsi qu’en Allemagne.

Les populations civiles ont toutes subies la guerre et l’Occupation mais de façon très différente. L’Occupation allemande a été encore plus brutale en Europe de l’Est, alors que Juifs et tziganes ont subi un véritable génocide.

Devoir - Les Français divisés pendant la Seconde Guerre mondiale

La France est divisée en deux grandes zones: zone occupée au nord (contrôlée par les Allemands) et zone libre au sud (contrôlée par le régime de Vichy), séparées par la ligne de démarcation nécessitant un laissez-passer (ausweis).















DOCUMENTS
• Document 1 - Extrait du message radiodiffusé du maréchal Pétain, 30 octobre 1940.
Français!C'est librement que je me suis rendu à l'invitation du Führer. Je n'ai subi, de sa part, aucune pression. Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays. J'en ai accepté le principe. [...] C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française, une unité de dix siècles, dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen, que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration. [...]
Document 2 Le statut des juifs (18 octobre 1940)
Article 1er : Est regardé comme juif, pour l'application de la présente loi, toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif.

Article 2 : L'accès et l'exercice des fonctions publiques et mandats énumérés ci-après sont interdits aux juifs : 1. Chef de l’Etat, membre du Gouvernement, toutes juridictions d'ordre professionnel et toutes assemblées issues de l'élection [....] 1. Membres des corps enseignants. 2. Officiers des armées de terre, de mer et de l'air. 3. Administrateurs, directeurs, secrétaires généraux dans les entreprises bénéficiaires de concessions ou de subventions accordées par une collectivité publique.Article 7 : Les fonctionnaires juifs visés à l'article 2 cesseront d'exercer leur fonction dans les deux mois qui suivront la promulgation de la présente loi.

Document 3
Extraits de rapports de la Préfecture de police sur la rafle du Vel d'Hiv (Vélodrome d'Hiver) à Paris

16 juillet 1942
A 7h30: la police municipale signale 10 cars arrivés au Vel d'Hiv.
A 8 h: l'état-major téléphone.L'opération contre les Juifs est commencée depuis ce matin à 4 heures [...] Dans les 20e et 11e arrondissements où il y a plusieurs milliers de Juifs, l'opération est lente.
A 9 h: 4 044 arrestations.
17 juillet 1942
Les mesures prises à l'encontre des Juifs ont profondément troublé l'opinion publique.Bien que la population française soit dans son ensemble et d'une manière générale antisémite, elle n'en juge pas moins sévèrement ces mesures qu'elle qualifie d'inhumaines: la séparation des enfants de leurs parents provoque des réactions qui se traduisent par des critiques sévères à l'égard du gouvernement et des autorités occupantes.

• Document 4 - Graffiti ¹ de résistants – début 1944

1. Graffiti: inscription manuscrite sur un mur.
« Propagande PétainJe tiens mes promesses » de nous faire tous crever de faim… Surtout les jeunes…A bas les traîtres de VichyA bas la collaborationVive le général de GaulleLe sauveur de la France et de notre liberté.Français. Comprenez. Résister.




QUESTIONS
1) Document 1 : Quelle décision le maréchal Pétain a-t-il prise après son entrevue avec Hitler?
2) Document 2 et 3: Quelles sont les mesures que prend le régime de Vichy ? Qui en est victimes ?
- Relevez deux expressions qui montrent que les réactions des Français sont contradictoires au lendemain des arrestations.

3) Document 4:- Quels sont les reproches adressés au gouvernement de Vichy?
- Quels engagements sont proposés aux Français?
- Quel est le symbole qui est dessiné sur cette affiche ?


PARAGRAPHE ARGUMENTÉ
À partir des informations tirées des documents et de vos connaissances, vous rédigerez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes dans lequel vous montrerez comment les Français se sont progressivement divisés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Corrigé

1) Document 1 : Quelle décision le maréchal Pétain a-t-il prise après son entrevue avec Hitler?
Après son entretien avec Hitler, Pétain décide d'engager la France dans une politique de collaboration.

2) Document 2 et 3: Quelles sont les mesures que prend le régime de Vichy ? Qui en est victimes ?
Ces lois mettent en place des mesures antisémites. Les juifs, victimes d'une discrimination, sont exclus de certaines responsabilités et professions (y compris comme ministre du gouvernement, allusion évidente à Léon Blum qui fut président du Conseil du gouvernement de Front Populaire). Les juifs étrangers, puis plus tard les juifs français vont être arrêtés, internés puis livrés aux Allemands.

- Relevez deux expressions qui montrent que les réactions des Français sont contradictoires au lendemain des arrestations.
Bien que la population française soit dans son ensemble et d'une manière générale « antisémite », elle n'en juge pas moins sévèrement « ces mesures qu'elle qualifie d'inhumaines » selon les rapports de la Préfecture de Police.

3) Document 4:- Quels sont les reproches adressés au gouvernement de Vichy? -Quels engagements sont proposés aux Français? Quel est le symbole qui est dessiné sur cette affiche ?
Selon ce graffiti, Vichy est accusé d'affamer la population et de trahir la France en collaborant.Face aux trahisons de Vichy, il est proposé au Français de résister avec le Gal de Gaulle.


PARAGRAPHE ARGUMENTÉ (10 points)
À partir des informations tirées des documents et de vos connaissances, vous rédigerez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes dans lequel vous montrerez comment les Français se sont progressivement divisés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Plan proposé : on pouvait faire deux parties, une consacrée à ceux qui collaboraient, l’autre consacrée à la résistance.
On pouvait aussi montrer l’évolution de l’opinion, du soutien à Pétain après l’armistice de 1940 au ralliement progressif à la Résistance.


Correction du Paragraphe argumenté

De 1940 à 1944, la France après la défaite et l’armistice est occupée par les forces allemandes. Quelle a été l’attitude des Français durant les années de l’Occupation ?

Lorsque le maréchal Pétain, président du Conseil, a sollicité de Hitler l'armistice en juin 1940, il a été suivi par la majorité des Français, choqués par la défaite militaire. Seule une minorité, entraînée par le général de Gaulle et l’appel du 18 juin 1940, fit le choix de résister à l'occupant allemand. Petit à petit cependant, l'opinion publique française évolua. Le Parti communiste rallia massivement la Résistance après l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’URSS (juin 1941).Beaucoup de Français furent aussi choqués par la politique de collaboration menée par le gouvernement de Vichy avec l’Allemagne nazie. La police française du régime de Vichy participa en effet aux rafles contre les Juifs, telle celle du Vel d'Hiv à Paris en juillet 1942. La Milice créée par le régime de Vichy sema la terreur pour combattre la Résistance.

Une partie de la population française se rangea donc progressivement du côté de la Résistance, surtout après l'invasion de la zone Sud par les Nazis en 1942, la création du STO en 1943 qui obligeait les jeunes à partir en Allemagne, et les premiers succès alliés. La Résistance se développa grâce à Jean Moulin qui l’unifia sous les ordres du général de Gaulle. Beaucoup de jeunes rejoignirent les maquis, groupes de combats dans les montagnes et les forêts. En 1944, le débarquement en Normandie modifia totalement le rapport de forces: la majorité de la population française ne soutint plus Pétain et se rallia à la Résistance. Les FFI participèrent massivement aux combats de la Libération.

La période de l’Occupation a vu les Français se partager entre « collabos » et résistants, la majorité de l’opinion rejoignant progressivement la Résistance.

mercredi 8 avril 2009

I - Cours : la guerre froide, des débuts à la fin de la détente

La guerre froide est une période de tensions et de confrontations idéologiques et politiques entre les Etats Unis et l'URSS de 1947 à 1991.Chaque camp combat l'autre tout en évitant de déclencher une guerre ouverte. D'où le recours à d'autres formes d'affrontement: espionnage, propagande, soutien militaire dans des conflits périphériques.

1) La rupture de la "Grande alliance" : 19471945

-1947 : fin de la grande alliance née durant la Seconde Guerre mondiale entre Etats-Unis, Royaume-Uni et URSS. Churchil dénonce le « rideau de fer » qui coupe l’Europe en deux.
1947 : rupture. Le Président Truman décide de soutenir les Etats menacés par le communisme: "Doctrine Truman" : aide politique, militaire et économique avec le "Plan Marshall".

Durcissement idéologique

- Aux Etats-Unis : le maccarthysme, mouvement politique qui s’en prend à tous ceux soupçonnés d’être communiste (du nom du sénateur McCarthy).
- Riposte soviétique : création du Kominform en 1947 : organisme qui regroupe tous les partis communistes du monde afin de centraliser leur action et doctrine Jdanov qui divise le monde en impérialistes (Américains) et anti-impérialistes (URSS).


2) L’affrontement des blocs : une succession de crises

L'Allemagne en 1946
Berlin en 1946
L'Allemagne : première crise de Berlin (1948-1949)
De 1948 à 1949, les Occidentaux organisent l'Allemagne de l'Ouest qu'ils occupent depuis 1945 en Etat indépendant et démocratique.

L'Union soviétique proteste en organisant un « blocus » encerclement militaire) de Berlin-Ouest. Riposte des Occidentaux : le pont aérien qui ravitaille Berlin-Ouest. Finalement, Staline cède et les Soviétiques lèvent le « blocus ».
Le blocus de Berlin: un des avions du pont aérien.
1949 : naissance de la République fédérale allemande (RFA) = démocratie libérale et capitaliste alliée des Etats-Unis.
1949 : naissance de la République démocratique Allemande en Allemagne de l’Est (RDA) = Etat communiste allié de l’URSS.




La guerre froide s'étend à l'Asie

Mao Zedong
A l'issue d'une longue guerre civile, la Chine devient en 1949 la République Populaire de Chine, un Etat communiste dirigé par Mao Zedong et alliée de l'URSS.

1950-1953 : guerre de Corée.
La Corée du Nord, Etat communiste soutenu par l’URSS et la Chine, envahit la Corée du Sud, alliée des Etats-Unis. L'armée américaine intervient pour défendre la Corée du Sud, dans le cadre d'une résolution votée par l'ONU avec d'autres contingents alliés. La Chine intervient alors pour soutenir la Corée du Nord. La guerre prend fin à la mort de Staline. Il n'y a ni vainqueur ni vaincu. Elle laisse deux Etats, Corée du Nord et Corée du Sud face à face, jusqu'à nos jours.


3 ) Un monde bipolaire
La bipolarisation du monde
Les Etats se rangent dans l'un ou l'autre camps en adhérant à des alliances militaires et économiques

- 1949 : signature du traité de l'Atlantique (ou traité de Washington) par les Etats-Unis, le Canada et 10 pays d'Europe de l'Ouest (dont la France, le Royaume-Uni, l'Italie ...). L'Alliance Atlantique se donne une organisation militaire et politique, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord ou OTAN.

L'Europe partagée en deux blocs
L'OTAN : il s'agit d'un pacte militaire qui réaffirme la solidarité militaire et politique de ses membres. C'est une alliance défensive, dont le principal membre est les Etats-Unis, seuls à détenir la bombe atomique à l'ouest (l'URSS détient la "bombe" dès 1949). Si l'un des membres est attaqué, les autres viennent à son secours (mais chacun est libre d'intervenir, ce n'est pas automatique, comme dans le cas de la Triple Alliance ou Triple Entente). L'alliance n'est pas seulement militaire, elle affirme des principes comme la nécessité du libre-échange économique. Officiellement, l'Alliance Atlantique n'est pas tournée contre l'URSS, mais dans les faits, c'est la menace soviétique après le blocus de Berlin qui a poussé les Européens à réclamer la protection des Etats-Unis et le maintien de forces américaine sur le continent européen.

En 1955, après l'entrée de la RFA dans l'OTAN, l'Union soviétique riposte en créant le "Pacte de Varsovie"qui regroupe tous ses alliés communistes des Pays d'Europe de l'Est.

Dans le monde, la "pactomanie" aboutit à de nouvelles alliances militaires sur le modèle de l'OTAN comme l'OTASE (Organisation du traité de l'Asie du Sud-est en 1954).

Les alliances sont aussi économiques:
- création de l'OECE en 1948 qui unit les pays bénéficiaires du plan Marshall. La création de la CEE le 25 mars 1957 (future Union Européenne) renforce la solidarité des pays d'Europe de l'Ouest, mais torpille l'OECE, organisation contrôlée par les Etats-Unis.
- Dès 1949, l'URSS impose à ses alliés d'Europe de l'Est l'intégration dans le CAEM (Conseil d'Assistance économique et mutuel), organisation d'entraide économique créée en riposte au Plan Marshall).

4) De nouvelles crises internationales au début des années soixante.

La mort de Staline : "une" du journal l'Humanité, journal du Parti communiste français.
Après la mort de Staline (1953), le nouveau dirigeant de l'URSS, Nikita Khrouchtchev recherche une "coexistence pacifique" avec les Occidentaux. Mais de nouvelles crises éclatent:
- A Budapest, en 1956, la population hongroise se révolte contre le régime communiste. L'Armée Rouge intervient et écrase militairement la révolte.



- A Berlin, pour mettre fin à la fuite des Est-Allemands vers l'Ouest, les dirigeants ordonnent la construction d'un mur en 1961. Le "mur de Berlin" matérialise la coupure de l'Europe en deux blocs hostiles.
Le discours de Kennedy, "Ich Bin Ein Berliner" à Berlin-Ouest, le 28 juin 1963, est resté célèbre. Voir vidéo.





- Crise des Fusées à Cuba (1962) : le dirigeant cubain Fidel Castro (secondé par le révolutionnaire Che Guevara) demande à l'Union Soviétique d’installer des fusées nucléaires en 1962. Kennedy, président des Etats-Unis, impose à Khrouchtchev le retrait des fusées en ordonnant le blocus de Cuba. Le monde a frôlé l'apocalypse nucléaire.
Cuba : installation des missiles soviétiques qui menacent directement les Etats-Unis et instauration en octobre 1962 du blocus américain.
Che Guevara et Fidel Castro.
Castro a pris le pouvoir en 1959 à Cuba en renversant une dictature alliée des Etats-Unis. En 1961, un débarquement d'opposants cubains soutenu par la CIA, échoue (baie des cochons). Castro en 1962 demande alors un appui militaire à l'URSS et l'installation d'armes nucléaires à Krouchtchev qui accepte. Alors que la flotte soviétique transporte vers Cuba les missiles nucléaires, Kennedy riposte en instaurant le blocus militaire de l'île de Cuba. Krouchtchev cède et les missiles nucléaire soviétiques repartent en URSS.

5) La "détente"

Les 2 grands, USA et URSS, choisissent l'apaisement et le dialogue. C'est la politique de "détente". Des rencontres ont lieu entre dirigeants américains et soviétiques. Ils décident de maintenir une liaison permanente ("téléphone rouge"), des accords de limitation d'armements nucléaires (SALT) sont signés.



A Moscou, Richard Nixon, président des Etats-Unis et Leonid Brejnev (successeur de Khrouchtchev) dirigeant de l'URSS, signent en 1972 les Accords SALT.


Le monde est moins bipolaire qu'avant car certains pays prennent leur distance avec la guerre froide:
- La France ou la Chine sont moins dépendants de l'alliance avec les deux supergrands car ils acquièrent à leur tour la bombe atomique (la France en 1960, la Chine en 1964). La France quitte l'OTAN en 1966 (mais pas l'Alliance Atlantique), la Chine rompt avec l'URSS et se rapproche des Etats-Unis avec la "diplomatie du ping-pong" en 1972.

- L'Ospolitik ("politique de l'Est") du chancelier Willy Brandt conduit au dialogue entre les deux Allemagnes. La RFA et la RDA se reconnaissent mutuellement en 1972 et entrent ensemble à l'ONU en 1973. L'Allemagne n'est plus au coeur des tensions est-ouest.

En 1975, la plupart des pays européens de l'Est (URSS comprise) et de l'Ouest, ainsi que les Etats-Unis et le Canada signent les Accords d'Helsinki qui doivent permettre notamment le respect des droits de l'Homme. Mais, malgré la détente, la confrontation n'a jamais réellement cessé entre les deux blocs.

6) La guerre malgré la détente

La méfiance demeure et la course aux armements se poursuit. La tension politique et militaire est maintenue par les crises où Américains et Soviétiques interviennent militairement pour défendre leurs intérêts.

- Guerre du Vietnam menée par les Etats-Unis (1960/1973) : pour soutenir leurs alliés sud-vietnamien contre une guérilla communiste et le Nord-Vietnam, allié de l’URSS.
Forces Américaines au Vietnam en 1968.
La Guerre du Vietnam s'achève par une défaite pour les Américains qui doivent quitter le Vietnam en 1973. Les Communistes réunifient le Vietnam du Nord et du Sud en 1975. Au Cambodge, les Khmers Rouges, communistes, qui prennent le pouvoir à Phnom Penh en 1975, perpétuent un terrible massacre (deux millions de morts).


- Les Etats-Unis interviennent aussi avec leurs services secrets (CIA) pour renverser des gouvernements trop favorables à leurs yeux aux communistes (Cambodge en 1970, Chili en 1973) et ils soutiennent de nombreuses dictatures anticommunistes (en Amérique Latine, en Afrique, en Asie, en Europe).

Dans le camp communiste, les crises sont nombreuses :
- la Chine rompt avec Moscou en 1962. En 1968, les forces du Pacte de Varsovie interviennent contre la Tchécoslovaquie qui menaçait de rejeter la domination de l'URSS (Le "Printemps de Prague").


En 1979, l’URSS intervient en Afghanistan.
Cette intervention marque la fin de la politique de détente entre les deux blocs.


L'armée rouge en Afghanistan
Les Soviétique interviennent en Afghanistan pour soutenir un gouvernement afghan communiste parvenu au pouvoir après un coup d'Etat. Le pouvoir communiste menace à son tour d'être renversé par l'opposition nationaliste et musulmane qui intensifie la guérilla. L'intervention soviétique en Afghanistan s'inscrit dans une politique d'expansion militaire de l'URSS et de ses alliés (Cuba intervient en Afrique) facilitée par l'échec des Etats-Unis au Vietnam. Pour les Afghans, c'est le début d'une longue série de guerres qui se poursuit jusqu'à aujourd'hui.

Le nouveau président américain, Ronald Reagan, élu en 1980, veut rétablir la suprématie militaire des Etats-Unis et il qualifie l'URSS d'"Empire du mal".

II - Cours : La décolonisation.

La colonisation en 1945
En 1945, une grande partie de l’Afrique et de l’Asie est dominée par les puissances européennes. La décolonisation est le processus politique qui conduit les peuples colonisés vers l'indépendance. C'est pendant la période comprise entre 1945 et 1975 que la plupart des colonies européennes d’Afrique et d’Asie accèdent à l’indépendance.

1) Un contexte favorable

Les puissances coloniales européennes (France, Royaume-Unis, Pays-Bas, Belgique) sortent affaiblies de la IIème guerre mondiale.
Les Etats­-Unis et l'URSS mènent une politique hostile au colonialisme.
Le nationalisme se développe au sein des peuples colonisés.
Dans les pays européens qui ont des colonies, les opinions publiques de ces pays sont peu attachés à l'empire colonial.

De grands leaders mènent la lutte pour l'indépendance et reçoivent un soutien populaire important contre les grandes puissances coloniales:Ho Chi Minh (Vietnam) Gandhi et Nehru (Inde), Sukarno (Indonésie), Nasser (Egypte), Bourguiba (Tunisie), le sultan Mohamed V (Maroc), Ben Bella (Algérie).

Ces futurs grands dirigeants réclament le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, principe né durant la Révolution française et que l'on retrouvait dans les 14 points de Wilson.
Les pays récemment décolonisés (Inde, Egypte) et les pays socialistes (Chine, URSS) dénoncent le colonialisme et soutiennent les peuples qui luttent pour leur indépendance
(1955 - Conférence de Bandung en Indonésie).

2) Les décolonisations pacifiques : l'exemple de la Grande Bretagne

Les Britanniques en 1945 possède le plus grand empire colonial du monde. Mais le Royaume Uni ne peut plus maintenir un effort militaire important après la Seconde Guerre mondiale. Les Britanniques choisissent la voie de la négociation et acceptent la fin de leur Empire colonial. En Inde, en accord avec les nationalistes du Congrès, ils mènent le pays à l'indépendance en séparant Hindous et musulmans, qui s'affrontent violemment.
Le Mahatma Gandhi (1869-1948), artisan de l'indépendance de l'Inde



La "partition" crée deux Etats, l'Inde et le Pakistan qui sont indépendants en 1947. Gandhi qui a lutté pour l'indépendance de l'Inde était opposé à la partition. Il est est assassiné en 1948.











Les Anglais donnent l'indépendance à leurs colonies en Asie puis, dans les années cinquante et soixante, à leurs colonies d'Afrique (Kénya, Nigéria par exemple).Le Royaume Uni maintient un lien et une influence grâce au Commonwealth, association de pays libres et égaux qui compte aujourd'hui près de 50 membres.

2) Les décolonisations violentes : l'exemple de la France

Les Français adoptent une autre politique car ils rejettent toute idée de décolonisation.
Résultat: des guerres coloniales meurtrières.

La guerre d'Indochine (1946-1954)

Hô Chi Minh

Hô Chi Minh, un leader nationaliste et communiste dénonce la présence française en Indochine et proclame l'indépendance du Vietnam en 1945. La Guerre d'Indochine (1946/1954) entraîne la défaite française de Dien Bien Phu (1954). La France se retire d'Indochine. Le Vietnam est divisé en Vietnam du Nord (communiste) et Vietnam du Sud. Cette division causée par la guerre froide entraîne la guerre du Vietnam (avec l'intervention américaine)

En Afrique du Nord, les troubles commencent dès 1945 (Algérie).La Tunisie et le Maroc accèdent à l'indépendance dès 1956.La guerre d'Algérie (1954-1962) est une guerre coloniale meurtrière qui oppose la France aux nationalistes algériens dirigés par le Front de Libération Nationale (FLN). En 1962, la France décide de se retirer d'Algérie en signant les accords d'Evian. L'Algérie devient indépendante.

Les autres possessions françaises en Afrique accèdent pacifiquement à l'indépendance entre 1958 et 1960. Le gouvernement français a tiré les leçons des guerres coloniales. De cette façon, la France maintient une influence et un lien important avec ses anciennes colonies devenues des pays indépendants.

Carte de la décolonisation de l'Afrique






Leopold Sedar Senghor (1906-2001). Né au Sénégal, brillant professeur de grammaire française, poète, il célèbre dans ses poèmes, la grandeur de la civilisation de l'Afrique Noire qu'il baptise "négritude". Député puis ministre sous la IVe République et au début de la Ve République, Senghor souhaite l'indépendance du Sénégal mais dans le cadre d'un "Commonwealth à la française". Après l'échec d'une fédération du Mali qui comprenait le Sénégal et le Soudan français, Senghor proclame l'indépendance du Sénégal en 1960 et il en devient son premier président. Il maintiendra son pays dans la stabilité et dans un cadre démocratique jusqu'à son départ du pouvoir en 1980. Il préservera d'importants liens de coopération avec la France.

III - Cours - La fin de la guerre froide et du monde bipolaire.

1) L'échec des réformes de Gorbatchev
Mikhaïl Gorbatchev

L'URSS ne parvient plus à financer ses dépenses militaires et la guerre en Afghanistan (1979/1988) alors que la situation économique et sociale des citoyens soviétiques s'aggrave considérablement.
Le nouveau dirigeant, Mikhaël Gorbatchev, tente de réformer le système : démocratisation (glasnost ou « transparence ») retrait de l'Armée soviétique d'Afghanistan (1988), accords de désarmement avec les Etats-Unis. Les réformes économiques (perestroïka) échouent.

2) L'effondrement du bloc communiste en 1989

Lech Walesa, ouvrier de Gdansk, obtient en 1980, la reconnaissance par l'Etat polonais communiste, du premier syndicat libre en Europe, Solidarité (Solidarnosc). Il deviendra Président de la République en 1990.

En Europe de l'Est, la Pologne donne l’exemple de la contestation depuis 1980 avec le syndicat "Solidarité" et son chef, l'ouvrier Lech Walesa. Gorbatchev refuse de faire intervenir l'Armée Rouge contre les pays d'Europe de l'Est. Cela renforce la contestation en Pologne. En 1989, le régime communiste négocie avec Solidarité. Les premières élections libres sont organisées en Pologne. Elle voit la victoire de Solidarité alors que les communistes s'effondrent. En 1990, Lech Walesa. devient Président de la République.

La crise s’étend à la RDA :, les dirigeants de la RDA n’ont pas d’autres solutions que d’ « ouvrir le mur de Berlin » le 9 novembre 1989 (la « chute du mur de Berlin »).
Voir la
vidéo :









Voir la
seconde video :









La circulation est libre d'Est en Ouest. Dès octobre 1990, l'Allemagne est réunifiée. La RDA disparaît, absorbée par la RFA. Les régimes communistes s'effondrent partout à la fin de 1989: en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Bulgarie, en Roumanie, des élections libres sont organisées.
3) La disparition de l’URSS.

Boris Eltsine et Mikhaïl Gorbatchev: le nouveau Président de la Russie pousse le dirigeant de l'URSS vers la sortie de l'histoire.

Après une tentative de coup d’Etat communiste, en 1991, le dirigeant Boris Eltsine obtient la disparition de l’URSS. Aussitôt, les mouvements nationalistes dans les différentes républiques soviétiques, proclament l'indépendance : chacune des 15 Républiques composant l'Union soviétique s'en détache (y compris la Russie). Gorbatchev donne sa démission du poste de président de l'URSS en décembre 1991. L'URSS disparait après 69 ans d'existence (1922-1991). La Russie se voit attribuer le siège de l'URSS au Conseil de Sécurité. Symbole du changement: la ville de Leningrad retrouve son ancien nom, Saint-Pétersbourg. Le Pacte de Varsovie est dissous en 1991.
La guerre froide s'achève.
L'URSS divisée en 15 Etats indépendants




4) Les guerres de la Yougoslavie (1991-1995)
En Yougoslavie, l’effondrement du régime communiste s’accompagne de l’éclatement du pays et une guerre meurtrière oppose les peuples de la Yougoslavie (Croates, Serbes, et musulmans de Bosnie) ce qui entraîne une nouvelle déstabilisation de la région des Balkans.

L'ex-Yougoslavie en 2009: après deux guerres (1991-1995) et 1999 (au Kosovo), l'ex-Yougoslavie est divisée en six Etats. Le septième Etat, le Kosovo, n'est reconnu que par une partie de la communauté internationale.


5) Il reste peu de pays communistes

- En Chine, la contestation se développe aussi en 1989 ; mais le gouvernement réagit brutalement en faisant écraser par l’armée les manifestations étudiantes et ouvrières à Pékin en juin 1989 (massacre de la place Tian An Men). Ce pays reste dominé jusqu’à aujourd’hui par le parti communiste mais il a engagé de profondes réformes économiques qui le mène sur la voie du capitalisme. Son régime politique est de type dictatorial.

Ces images firent le tour du monde. Un homme seul, le 4 juin 1989, des cabas à provisions à la main, s'oppose au passage d'une colonne de chars place Tian an Men à Pékin, après la répression sanglante du mouvement étudiant et ouvrier par l'armée chinoise. On n'a jamais su qui il était et ce qu'il était devenu.

- La Corée du Nord, le Vietnam et Cuba restent dominés par un régime de parti unique, le Parti communiste. Ce sont des régimes dictatoriaux.

IV - Cours : La croissance et ses effets.

1) La croissance des pays industrialisés: "les Trente Glorieuses".

De 1945 à 1973, durant les « Trente Glorieuses », les pays industrialisés ont connu un essor économique exceptionnel dont les causes sont multiples (Baby Boom, Plan Marshall, révolutions technologiques, transformations commerciales, développement du crédit, équipement des ménage, etc.).


DS 19 au Salon de l'automobile à Paris (1955)
C’est le 6 octobre 1955, dans le cadre du salon de l’auto de Paris, que Citroën dévoile le modèle qui marquera à jamais son histoire et sa marque : la DS 19. Dès le début, la voiture étonne, fascine ou agace, mais elle ne laisse personne indifférent. Et le succès commercial ne se fait pas attendre, puisque dès les premiers jours de commercialisation, Citroën enregistre 12 000 commandes !!

2) Crise et ralentissement de la croissance.
Ce tableau montre l'évolution des prix du pétrole entre 1959 et 2009. Jusqu'en 1973, les prix du pétrole restent très bas.
Le premier choc pétrolier est déclenché par la guerre du Kippour en 1973 entre Israël et les pays arabes.
Désormais, les prix deviennent très sensibles aux évènements dans la région. Chaque crise déclenche une hausse des prix:

- révolution iranienne (1979) et guerre-Irak-Iran (1980-1988).
- guerre du Golfe (1990-1991)
- reprise des bombardements américains et anglais sur l'Irak (1999).
- attentats du 11 septembre et début de la guerre en Afghanistan (2001)
- invasion de l'Irak par les forces américaines et anglaises (à partir de 2003). Envolée du prix du pétrole avec prix record en 2008 suite à la spéculation et la forte demande.

Station-service dans l'Oregon (USA) en 1973

A partir de 1973, la croissance économique ralentit dans les pays industrialisés : c’est la crise dont les causes sont directes (comme les « chocs pétroliers ») mais parfois aussi plus complexes et plus profondes (crise des industries anciennes, concurrence des Nouveaux Pays Industrialisés dans les industries de main d’œuvre).

Ces difficultés économiques ont de graves conséquences (montée du chômage et de la pauvreté) mais elles ne remettent pas en cause le niveau de vie atteint dans ces pays et leur domination mondiale.Le secteur primaire (agriculture) et secondaire (industrie et btp) reculent au profit du secteur tertiaire (service).

3) Une société profondément transformée dans les pays riches et industrialisés.

La société des pays industrialisés a connu dans le même temps de profondes transformations dont la plus importante est le développement de la société de consommation. Le niveau de vie de ces sociétés a atteint un niveau de prospérité inconnu jusqu’alors grâce à la consommation de masse.

La société plus riche a connu d’importantes mutations sociologiques :
- entrée massive des femmes dans la vie active (ce qui a favorisé leur émancipation) ;
- élévation générale du niveau d’éducation ;
- développement des classes moyennes (les cadres) ;
- mais baisse du poids du monde ouvrier et de la paysannerie dans la population active.
- baisse démographique, montée de l’espérance de vie et vieillissement de la population.

4) Les limites de la croissance

Le chômage massif des pays industrialisés a crée de nombreuses poches de pauvreté et contribue à précariser de nombreux « quartiers sensibles ».
Les travailleurs immigrés, les femmes et les jeunes sont les plus touchés avec les travailleurs peu qualifiés en général.

A l’échelle mondiale, cette évolution remarquable du niveau de vie ne s’est pas diffusée de la même façon.
- Les pays communistes sont restés à la traîne des pays capitalistes industrialisés (et c’est bien là la principale raison de l’effondrement du bloc communiste de 1989 à 1991).
- Dans les pays en voie de développement (ou pays du tiers-monde) , la plus grande partie de la population reste à l’écart des effets bénéfiques de la croissance économiques.


5) Vers la mondialisation
La croissance économique a renforcé la domination des pays riches et industrialisés. Mais à partir des années 1980, la croissance touche aussi une partie des pays en voie de développement devenus pays émergents d’Asie (Corée du Sud, Taïwan, Thaïlande). C’est le développement qui se diffuse dans dans les années 1990 avec des pays comme le Mexique, le Brésil, la Turquie, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, les pays du Golfe, du Maghreb.
Le premier "taïkonaute chinois" (terme consacré pour désigner les spationautes chinois) en Septembre 2008, à effectuer une sortie dans l'espace. Cet évènement témoigne de l'extraordinaire développement de la Chine.
Les anciens pays communistes et quelques pays émergents connaissent actuellement une croissance économique qui les fait se rapprocher du modèle de développement occidental.

V - Cours : Un "nouvel ordre international" instable.




Les États membres de l'ONU par ordre d'adhésion.


1) De plus en plus d’Etat dans le monde

Le monde comptait 78 États en 1945, il en compte aujourd’hui 197 Etats (ou 199 selon les points de vue)  dont 193 membres de l'ONU (La Palestine et le Vatican ont un statut d'observateur à l'ONU, ainsi que les îles Cook et Niue.

Taïwan (reconnue par une vingtaine d'Etats) et le Kosovo (reconnu par une centaine d'Etats) ne sont pas reconnus par l'ONU.
Le Sud-Soudan a été le dernier Etat admis à l'ONU en 2011.
Actuellement quelques peuples sont démunis d’État (c’est-à-dire d’un pays indépendant avec des frontières, un gouvernement et une reconnaissance internationale) et en revendiquent un, ce qui est source de conflits (les Palestiniens, les Kurdes, les Tchétchènes notamment).

2) De nombreux foyers de tensions
Depuis 1945, il n’y a pas eu de conflits majeurs opposant les grandes puissances ; mais de nombreuses guerres très meurtrières ont dévasté plusieurs pays. Depuis la fin de la Guerre Froide (1947-1991), les guerres prennent souvent un caractère très local avec de nombreuses guerres civiles. Les motifs sont multiples.
- Affrontement entre groupes nationaux ou ethniques comme dans l’Ex-Yougoslavie, au Rwanda, au Darfour dans le Soudan actuel.
- Lutte pour l’indépendance d’une minorité au sein d’un État multiethnique (Tchétchènes dans l’actuelle fédération de Russie, Kurdes en Turquie).
- Conflits religieux (conflits entre chrétiens et musulmans au Nigeria, aux Philippines).
- Conflits politiques : en Colombie, guerre entre une guérilla d’extrême gauche, les FARC, et le gouvernement.

Le plus souvent, tous ces motifs sont mêlés. Actuellement, le terrorisme fait peser une menace sur la plupart des pays du monde, riches ou pauvres. Les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont ouvert une nouvelle ère.

Les civils sont les premières victimes de tous ces conflits : les massacres du Rwanda en 1994 ont fait ainsi près d’un million de victimes civils. Pour échapper à ces guerres, les populations fuient les zones de combat et gagnent les pays voisins : elles deviennent des réfugiés. L’ONU (à travers l’action du HCR –Haut-Commissariat aux Réfugiés) et les ONG (organisation non gouvernementale comme la Croix Rouge) les prennent en charge, souvent pendant de longues années.

3) Moyen Orient : la poudrière.a) Le conflit israélo-palestinien
Le conflit israélo-palestinien : il a succédé au conflit israélo-arabe. Il est une source de tension permanente.
Le conflit israélo-palestinien remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La création de l’Etat d’Israël en 1948, destiné à accueillir les populations juives, est suivie d’une longue série de guerres entre Israéliens et forces arabes (1948-1949, 1956, 1967, 1973, 1982). Les Israéliens remportent la victoire mais la tension demeure.
Les Palestiniens s’organisent en résistance nationale contre Israël (création de l’Organisation de Libération de la Palestine en 1964 dirigée par Yasser Arafat.

Des accords de paix mais pas la paix

En 1978, le président égyptien Sadate est le premier dirigeant arabe à reconnaître l’Etat d’Israël et à signer la paix avec lui (traité de Camp-David). Mais Sadate est assassiné en 1981 par un groupe de musulmans extrêmistes égyptiens.

En 1993, le premier ministre israélien Itzhak Rabin signe à Washington un traité de paix avec Yasser Arafat ; ce traité prévoit la création d’un Etat palestinien dont les frontières restent à établir. Mais Rabin est assassiné en 1995 (par un extrêmiste juif israélien) et les espoirs de paix disparaissent avec lui.

La violence aujourd'hui se poursuit dans les territoires palestiniens (Intifada) et dégénère en conflit armé au Liban en 2006 et dans la bande de Gaza en 2008. La paix paraît encore très loin. Le conflit israélo-palestinien a des répercussions dans tout le Moyen Orient, faisant de cette région une poudrière.

b) Une multitude de conflits et de zones de tensions au Moyen Orient.

- Guerre en Irak : de la Guerre du Golfe à l’invasion de l’Irak en 2003.
La disparition de l’URSS laisse les Etats-Unis dans une position de domination mondiale incontestée. Pourtant, lorsque prend fin la guerre froide, de nouvelles crises militaires éclatent.

La guerre du Golfe (1991) est déclenchée par l’invasion du Koweit des Irakiens en 1990 dirigés par Saddam Hussein, les Etats- ­Unis prennent la tête d'une force multinationale au début de 1991, sous le drapeau de l'ONU. L'Irak est vaincu en quelques jours, le Koweit est libéré.

En 2003, l’invasion de l’Irak par les Anglo-Américains vise à mettre fin au régime de Saddam Hussein. Mais l’cccupation, déclenche guérillas et guerres civiles. Actuellement, stabilisation et retrait américain préparé par le gouvernement Bush et mis en place par le président Obama.

- Afghanistan : l’Otan est engagé contre les talibans depuis 2001. C’est la conséquences des attentats du 11 septembre.

- L’Iran : ouvertement anti-occidental, cherche à se doter de l’arme nucléaire et soutient les mouvements palestiniens et libanais contre Israël.


4) Europe : des évolutions contradictoiresa) Le renforcement de l’unité européenne

La fin de la guerre froide provoque le rapprochement des pays d’Europe de l’Est et d’Europe de l’Ouest comme le montre une triple évolution :
- la démocratie et l’économie de libre-échange se diffusent en Europe de l’Est.
- les pays d’Europe de l’Est intègrent pour la plupart l’OTAN, alliance militaire tournée à l’origine … contre l’URSS et ses alliés (Hongrie, République tchèque, Pologne dès 1999, Slovaquie, pays baltes, Slovénie, Bulgarie, Roumanie en 2004).
- entrée de 8 pays d’Europe de l’Est (sur 10 nouveaux entrants) dans l’Union Européenne : pays baltes, Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Slovénie) en 2004.
Certes des divisions apparaissent entre Européens sur certaines questions (l’Irak) mais le mouvement général
est bien au renforcement de l’unité politique, militaire et économique de l’Europe.

b) Les tensions dans l’ex-Europe communiste
Le Kosovo : En 1999, les forces de l’OTAN doivent intervenir contre les Serbes au Kosovo. Depuis, le Kosovo a proclamé son indépendance en 2008, mais de nombreux pays refusent de reconnaître cette indépendance (dont la Serbie, la Russie, la Chine).

Aux marges de l’Europe, en Russie et dans les pays de l'ex-URSS, des conflits meurtriers ont éclaté, surtout dans la région du Caucase.

- Les Tchetchènes après deux guerres meurtrières poursuivent leur guérilla contre les forces russes.
- En Géorgie, conflit entre la Russie et la Géorgie qui dégénère en guerre ouverte à l’été 2008.
5) En Asie : multiplication des nations avec l’arme nucléaire et autant de sources de tensions.- tensions entre l’Inde et le Pakistan, tous deux détenteurs de l’arme nucléaire.
- La Corée du Nord qui possède l’arme nucléaire contre ses voisins.
Mais montée en puissance de la Chine qui tend à stabiliser la région.

6) En Afrique Noire, massacres et guerres civiles se sont multipliés :

- au Rwanda (le génocide de 1994 a fait près d’un million de morts), en Sierra Leone, au Liberia, au Soudan (Darfour), République Démocratique du Congo, etc. Les conflits s’y doublent d’une situation de pauvreté extrême.
- De nombreux pays connaissent des crises politiques pouvant dégénérer en guerres civiles (hier la Côte d’Ivoire, aujourd’hui Madagascar).

mercredi 1 avril 2009

Etudes de documents - Les débuts de la Guerre Froide

La Guerre Froide

Document 1
Extraits du télégramme envoyé par Churchill, Premier ministre du Royaume-Uni, à Truman, président des États-Unis, le 18 mai 1945
« La situation européenne m'inquiète énormément. [...] Les journaux sont remplis des grands mouvements de vos armées qui quittent l'Europe. [...] N'importe qui peut se rendre compte que dans un bref délai notre puissance militaire sur le continent se sera évanouie à part les effectifs modestes qui resteront pour occuper l'Allemagne.
Que se passera-t-il entre-temps du côté de la Russie?
J'ai toujours travaillé pour l'amitié avec les Russes mais, comme vous, j'éprouve une inquiétude très vive en raison de leur [...] attitude envers la Pologne, de leur influence écrasante dans les Balkans, la Grèce exceptée.
Un rideau de fer s'est abaissé sur leur front. Nous ignorons tout ce qui se passe derrière. II semble bien probable que l'ensemble des régions situées à l'est de la ligne Lübeck - Trieste - Corfou sera bientôt entre leurs mains. »

Document 2
Déclaration du président Truman, mars 1947
"Je crois que la politique des États-Unis doit être de soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d'asservissement, qu'elles soient le fait de minorités armées ou de pressions étrangères. Je crois que nous devons aider les peuples libres à forger leur destin de leurs propres mains. Je crois que notre aide doit consister essentiellement en un soutien économique et financier [... ].Les semences des régimes totalitaires sont nourries, par la misère et le dénuement. Elles croissent et se multiplient dans le sol aride de la pauvreté et du désordre. Elles atteignent leur développement maximal lorsque l'espoir d'un peuple en une vie meilleure est mort. Cet espoir, il faut que nous le maintenions en vie. »

Document 3
Extraits du rapport Jdanov, l'un des dirigeants du parti communiste de l'URSS, septembre 1947
« Plus nous nous éloignons de la fin de la guerre et plus nettement apparaissent les deux principales directions de la politique internationale de l'après-guerre, correspondant à la disposition des deux camps principaux des forces politiques qui opèrent sur l'arène mondiale: le camp impérialiste et antidémocratique, le camp anti-impérialiste et démocratique.
Les États-Unis sont la principale force dirigeante du camp impérialiste. L'Angleterre et la France sont unies aux États-Unis.
Les forces anti-impérialistes [...] forment l'autre camp. L'URSS et les pays de la démocratie nouvelle en sont le fondement. »
Paru dans le journal Le Monde du 7 octobre 1947.


Document 4: la guerre froide durant les années 1950 et 1960






















QUESTIONS
Document 1
1.
Quelle est la situation nouvelle selon Churchill dans l’Europe de 1945 ? (1 point)
Un rideau de fer coupe l’Europe en deux. (Bonne réponse suffisante). Occupation de l’Europe de l’Est par les Soviétiques ( (ou l’Armée Rouge) qui renforcent leur influence.
2. Quel le vrai nom de l’Etat en 1945 que Churchill appelle « la Russie » ? (0,5) L'URSS

Document 2

1. Qui est l'auteur de cette déclaration? Quelle fonction occupe-t-il en 1947 ? (0,5 pt)
Truman, Président des Etats-Unis.

2. Quelles sont, d'après l'auteur, les menaces qui pèsent sur « les peuples libres » ? A quel pays pense-t-il particulièrement? (1 pt)
Asservissement ou tentative d’asservissement (régime totalitaire aussi) . Truman fait allusion aux peuples libres des pays d’Europe de l’Ouest ou d’Europe de l’Est. On peut considérer comme une bonne réponse aussi des pays comme l’Allemagne, la France, l’Italie qui ont été cités en cours, la Tchécoslovaquie (à la veille du « coup de Prague »), à la Grèce (selon l'exemple donné en cours).
3. À quelles « pressions étrangères » fait-il allusion ? Que propose-t-il ? (1 pt) Il s’agit de l’URSS. Truman propose ici une aide économique et financière (il annonce le plan Marshall) mais aide politique et militaire non cités ici sont des bonnes réponses car elles figurent dans la doctrine Truman.

Document 3
4. Qui est l'auteur du texte? Au nom de quel Etat parle-t-il ? (0,5 pt)
Jdanov est l’auteur du texte. Il parle au nom de l’URSS.
5. Quels sont, d'après le texte, les deux camps en présence ? Quels Etats sont à leur tête ? Donnez les autres noms que vous connaissez pour désigner ces deux camps. (1.5 pt)
-
le camp impérialiste et antidémocratique et le camp anti-impérialiste et démocratique
- le premier pour Jdanov est emmené par les Etats-Unis, le second par l’URSS
- bloc de l’Est contre bloc de l’Ouest, Communistes contre Occidentaux (ou même Capitalistes). Régimes et partis communistes contre démocraties libérales.


Document 4

6. En quoi cette carte montre-t-elle le partage du monde en deux blocs? (1pt). Autour de quelle alliance militaire s’organise chacun des blocs (1 point) ?
De nombreux pays du monde s’allient aux Etats-Unis contre l’URSS et ses alliés. Il n’y a pas de troisième camp (les non-alignés, d’ailleurs le plus souvent plus proches de l’URSS, ne figurent pas dans la légende).
Le Bloc de l’Ouest s’organise autour de l’OTAN, le bloc de l’Est autour du Pacte de Varsovie.

Etude de documents - L'organisation des pouvoirs de la Ve République

L’organisation des pouvoirs de la Ve République

Document 1 : Schéma de la Constitution de 1958
Document 2 : Extraits de la Constitution de 1958
Article 5 :
Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État.
Article 8 : Le Président de la République nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission de son gouvernement.
Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions.
Article 10 : le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au gouvernement de la loi définitivement adoptée.
Article 11 : le Président de la République […] peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent.
Article 12 : le Président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des présidents des assemblées, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale. Les élections générales ont lieu vingt jour au moins et quarante jours au plus après la dissolution.
Article 15 : le Président de la République est le chef des armées.
Article 17 : le Président de la République a le droit de faire grâce.
Article 34 : La loi est votée par le Parlement.
Article 39 : L’initiative des lois appartient concurremment au Premier ministre et aux membres du Parlement.
Article 66 : Nul ne peut être arbitrairement détenu. L’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe (...)

Document 3 : La crise de 1962
Le 2 octobre 1962, le général de Gaulle adresse au Parlement un message, lu à l’Assemblée nationale par son Président et au Sénat par son doyen d’âge, pour préciser la nature du projet de révision : "Quand sera achevé mon septennat ou s’il advenait que je ne sois plus en mesure de m’acquitter de ma fonction, je suis convaincu que l’investiture populaire sera nécessaire pour donner, quoi qu’il arrive, à ceux qui me succéderont la possibilité de porter la charge suprême quel qu’en puisse être le poids. "
Les parlementaires sont très hostiles au projet de révision. Ils considèrent qu’il s’agit d’une modification très substantielle des conditions d’exercice de la souveraineté. Le Président de la République tirerait ainsi sa légitimité directement du peuple et serait le seul personnage de l’État à être élu par tous les Français. Sa place dans les institutions s’en trouverait renforcée.
Une motion de censure signée par des députés modérés, M.R.P. (centristes), radicaux et socialistes est déposée le jour même (2 octobre 1962) contre le Gouvernement.
Dans une allocution radiodiffusée et télévisée du 4 octobre, avant l’ouverture du débat de censure à l’Assemblée nationale, le général de Gaulle déclare : " Ce sont […] vos réponses qui […] me diront si je peux et si je dois poursuivre ma tâche au service de la France ". Il pose ainsi une question de confiance à l’ensemble du peuple français.
Du fait du choix de la procédure de l’article 11, l'Assemblée nationale n'est saisie d’aucun projet de loi de révision constitutionnelle. Cependant, le 5 octobre 1962, au terme d’un débat historique, elle adopte une motion de censure, par une majorité de 280 voix. Le Gouvernement de Georges Pompidou est donc renversé. Conformément à l’article 50 de la constitution, le Premier ministre présente sa démission au Président de la République. Le général de Gaulle prend acte de la démission et le maintient dans ses fonctions pour gérer les affaires courantes jusqu’à la dissolution de l’Assemblée nationale, qu’il prononce aussitôt.
Site Internet de l’Assemblée Nationale - Connaissance de l’assemblée nationale – assemblée nationale.fr
Questions (4 points)
Document 1
1. Dans la Ve République, quels sont les représentants du peuple élus pour 5 ans au suffrage universel direct ? Ceux qui sont élus au suffrage universel indirect ? (0,5 points).
Le président de la République et les députés (de l’Assemblée Nationale) sont élus au suffrage universel.
2. Comment est désigné le Premier Ministre ? (0,5 points). Le Premier ministre est nommé par le Président de la République.

Document 2
3. Qui détient le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire selon la Constitution ? (0,5 point). Le Président de la République détient le pouvoir exécutif (bonne réponse aussi si on ajoute le Premier ministre et le gouvernement mais avec le Président de la République). Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement (bonne réponse aussi : Assemblée nationale et Sénat). L'autorité judiciaire détient le pouvoir judiciaire (autre bonne réponse: les juges, les magistrats).
4. Qui a l’initiative des lois ? (0,5 point) : le Premier ministre et le Parlement ((bonne réponse aussi : le gouvernement et l’Assemblée nationale et Sénat).

Document 2 et 3
5. Quel projet propose le Président de la République ? Comment veut-il le faire adopter ? (0,5 point)
- Le général de Gaulle propose d'élire le Président de la République au suffrage universel (bonne réponse) direct (bonne réponse), par les Français (bonne réponse) par le peuple (bonne réponse). 0,25 point
- le Président de la République veut le faire adopter par référendum. 0,25 point
6. Quelle est la réponse de l’Assemblée Nationale à l’égard du gouvernement ? (0,5 point)

Elle renverse le gouvernement (pas besoin de préciser celui de G.Pompidou). Autre bonne réponse : elle vote une motion de censure et le gouvernement est renversé.
7. Quelle décision prend alors le Président de la République contre l’Assemblée Nationale ? (0,5 point)
Le Président de la République dissout l’Assemblée Nationale.
8. Qui a gagné cette crise (justifier votre réponse) ? (0,5 point)
Le Général de Gaulle l’emporte, puisque aujourd’hui, depuis la réforme de 1962, le Président de la République est élu au suffrage universel.